Jules et Edmond de GoncourtAlger
Au moment où ils posent les pieds à Alger, les Goncourt sont au début de leur vie d’écriture. Ce voyage initiatique marque chez eux le double passage à l’âge d’homme et à l’état d’écrivain. Alger, au lieu de confirmer leur vocation de peintre, déclenche la tentation d’écrire. C’est là, dans « le cœur de la ville arabe », d’une fenêtre « qui domine la Méditerranée, immense et bleue », que s’impose à eux leur destin par un détournement malicieux : ils peindront, certes, mais avec des mots. Ils renoncent au grand art pour se consacrer à l’observation minutieuse, presque clinique, de leur époque, et ils s’essayent à la littérature pour la première fois dans la ville blanche, devenue colonie française depuis moins de vingt ans.



































