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jeudi 14 février 2013

L’Occidental curieux croit parfois connaître la Russie

Cédric Gras 
Le Nord, c'est l'Est 
Aux confins de la Fédération de Russie
Paris, Phébus, 2013. 213 pages, 14 x 21 cm, broché.

Cédric Gras le dit et ne se l’explique pas, il est attiré par les territoires hostiles qui s’ingénient à repousser les rares voyageurs plutôt qu’à les séduire. C’est un fait, et son regard de géographe singulier n’a pas d’équivalent.
Plus intrigante encore cette découverte que le Nord russe se trouve en réalité à l’Est et qu’il faudrait faire pivoter la carte du pays pour tenter de le comprendre. De la Carélie au fleuve Amour, de la Crimée à la mer du Japon, des immenses steppes de Mongolie à Magadan, l’auteur a parcouru des milliers de kilomètres pour aller à la rencontre des archipels humains perdus que le pouvoir exploite à coups de décrets depuis l’époque soviétique. Les « territoires du Nord et assimilés » correspondent souvent à ce que fut l’Archipel du Goulag : des zones perdues de steppe, de taïga et de montagnes, improbables contrées, plus que rudes, où l’alcool tient lieu de mode de vie et où se côtoient les mille groupes ethniques composant la Fédération de Russie. Fleuves inconnus, villes condamnées qui deviendront la cible des Mig à l’entraînement, champs de neige et de gel…
L’Occidental curieux croit parfois connaître la Russie : il ne pourra qu’être sidéré à la lecture de ces lignes.

Après une année en Sibérie et trois ans à Vladivostok, où il a dirigé l’Alliance française et enseigné à l’université, Cédric Gras a entrepris une thèse sur l’Extrême-Orient russe. Ce « géographe explorateur » a été récompensé en 2004 par une bourse de la vocation de la fondation Marcel- Bleustein-Blanchet. Il dirige aujourd’hui l’Alliance française de Donetsk en Ukraine.

Commande: 18 € > 17,10 €

mercredi 13 février 2013

Voyage sur les traces du goulag

Nicolas Werth 
La route de la Kolyma 
Voyage sur les traces du goulag
Paris, Belin, 2012. 200 pages, 15 x 21,5 cm, broché.

Durant plus d'un mois, Nicolas Werth, spécialiste reconnu des politiques de violence en URSS et de l'histoire du Goulag en particulier, et ses compagnons de voyage vont sillonner la Kolyma, région symbole du goulag, la plus éloignée et la plus inaccessible, à la recherche des dernières traces du plus grand ensemble concentrationnaire soviétique. Durant 25 ans, entre 1930 et le milieu des années 1950, 20 millions de soviétiques sont passés par ces camps, 2 millions sont morts au Goulag, plus d'un million ont été exécutés.
Nicolas Werth a retrouvé les traces des derniers survivants. Il a visité les rares musées, nés généralement d'initiatives privées, où sont exposés des rares vestiges de la "civilisation goulagienne" encore conservés. Il a sillonné les pistes de la Kolyma, construites par les détenus eux-mêmes pour tenter de retrouver les restes des camps de travail forcé, où les détenus extrayaient, dans des conditions extrêmes (-50° l'hiver) l'or, grande richesse de la Kolyma, le cuivre, l'uranium, le cobalt et d'autres minerais. Une quête souvent vaine, tant les traces se sont effacées dans ce milieu que l'homme n'a jamais véritablement conquis. La nature a repris ses droits, la taîga et la toundra ont englouti les derniers vestiges des camps. Dans ces conditions, comment l'historien peut-il encore appréhender cette civilisation disparue? À travers les seules archives administratives, les récits des derniers survivants?

Commande 20 € >19 €

mercredi 21 novembre 2012

Seule sur le transsibérien

Géraldine Dunbar
Seule sur le transsibérien 
Mille et une vies de Moscou à Vladivostok
Paris, Transboréal, 2012. 312 pages, 14 x 22,4 cm, broché.

C’est par le légendaire Transsibérien que Géraldine Dunbar a choisi de renouer avec la Russie. Dans les gares où elle fait étape et lors de ses échappées dans la steppe ou la taïga, la voyageuse croise des gens d’horizons divers – cheminots, étudiants, militaires, chasseurs, pêcheurs, anciens déportés ou nouveaux riches –, tous réunis dans la vie du train, dont elle emprunte les trois classes. 
Après 10 000 kilomètres de l’Oural à l’Amour en passant par les rives du lac Baïkal, l’auteur atteint l’océan Pacifique. Quatre mois d’enchantement, à goûter les zakouskis et le charme des conversations, à contempler l’infini des paysages, à visiter les villes de Sibérie et à vivre sous le regard attentionné des chefs de wagon pour, enfin, faire siens les mots de Tolstoï : « Est seul vivant celui qui aime. »


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samedi 23 juin 2012

Le lauréat du Prix Nicolas Bouvier 2012

John Vaillant 
Le Tigre. Une histoire de survie dans la Taïga
Paris, Noir sur Blanc, 2011. 446 pages, 15 x 23 cm, broché.

En hiver 1997, un tigre de Sibérie chasse et dévore les habitants d’un petit village isolé dans les forêts de l’Extrême-Orient russe. Iouri Trouch et ses hommes de « l’inspection Tigre » sont appelés pour enquêter sur les attaques du félin, et pour décider de son sort. Il ne s’agit pas d’un animal ordinaire : tous les tigres sont doués de mémoire, ce qui les rend extrêmement dangereux, mais celui-ci semble engagé dans un véritable processus de vengeance. 
John Vaillant suit l’équipe d’inspecteurs dans leur traque du tigre, à travers la forêt dense et le froid mordant. Il décrit également les effets de la présence de l’animal sur le village terrorisé. Minée par la pauvreté et les dures conditions de vie, la population de cette région s’est tournée vers le braconnage et l’abattage illégal de la forêt pour survivre. Elle a ainsi contribué à la disparition progressive de la race du tigre de l’Amour, qui figure aujourd’hui sur la liste rouge des espèces menacées en Russie. 
A travers ce récit d’aventure haletant, basé sur une histoire vraie, Vaillant documente la dévastation économique, culturelle et environnementale de la Russie post-soviétique, ramenant les actes désespérés du félin à un symptôme de la crise touchant à la fois cet animal en voie de disparition et les humains partageant son territoire.

John Vaillant, journaliste et écrivain, collabore à divers journaux et revues, comme The New Yorker, The Atlantic, National Geographic. Son premier roman, The Golden Spruce (L’Epicéa d’or), paru en 2005, porte sur la gestion des forêts canadiennes et a été comparé à la prose de Jon Krakauer. S’intéressant aux frictions entre l’homme et son milieu naturel, il a voyagé à travers les cinq continents. Il vit aujourd’hui à Vancouver.


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mardi 20 mars 2012

Moscou au féminin

Marie Leroyer & Sanaa Kassou
Une vie de Pintade à Moscou
Paris, Calmann-Levy, 2012. 410 pages, 14 x 22,6 cm, broché.

Saviez-vous qu'en russe, « pintade » se dit tsesarka, un mot qui a la même étymologie que « tsar » et « César » ? On n'en attendait pas moins des pintades moscovites, qui s’apprêtent à élire leur nouveau président en mars 2012 ! Elles s'appellent Macha, Natacha, Olga, ou encore Ksenia, leurs griffes sont affûtées, leur peau est mordorée même en plein hiver, et elles ont su transformer leurs talons de 12 cm en pic à glace sur les trottoirs verglacés. Leur seule devise ? Il faut que ça brille. Et que ça saute !
Les Moscovites sont pressées, pressées de rattraper des décennies de soviétisme, dans une ville devenue l'épicentre d'un nouveau monde. Celui des somptueuses créatures qui filent parfaire leur total look à Milan ou à Paris, histoire d'amadouer les physios des clubs branchés ou de trouver un mari. Mais aussi celui des femmes fortes, babouchkas, immigrées ou chefs d'entreprise, capables de s’imposer dans une société qui ne leur fait pas de cadeaux.
Découvrez des tranches de vie savoureuses, passant d'un cours de strip-plastika, à une banya surchauffée où l'on se fait fouetter avec des branches de bouleau pour goûter au « BDSM » local (Bouleau Détente Sueur Massage), d'une messe pascale à la visite d'un élevage de sangsues réputées pour soulager les hémorroïdes.
Une vie de Pintade à Moscou vous donnera toutes les clés pour savoir où acheter les meilleurs œufs de saumon et les malossols les plus croquants, dans quels restaurants savourer la « perestroïka culinaire », quels ateliers de mode, patinoires et rivières fréquentés, le cours des pots de vin et le dresscode des clubs les plus réputés tout comme les recettes des remèdes de babouchka, à commencer par la vodka qui, déclinée en grogs et en frictions, semble sauver autant de Russes qu’elle n’en tue.

Collection: Une vie de pintade

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19 € > 18,05€

mardi 24 janvier 2012

Trois semaines sur les rails

Dominique Fernandez
Transsibérien
Paris, Grasset, 2012. 304 pages, 14,2 x 20,5 cm, broché.

28 mai 2010, Dominique Fernandez, accompagné d'une vingtaine d'écrivains, photographes, journalistes, acteurs, français et russes, embarque, au départ de Moscou, à bord du Transsibérien qui les mènera à Vladivostok, capitale de la Russie d'Extrême-Orient.
Trois semaines sur les rails, et le bout du monde. De découvertes en réflexions, il livre, dans un récit émaillé de références littéraires et historiques, la Russie toute entière. Au fil du parcours et des paysages qui se succèdent, l'écrivain poursuit sa méditation, constate, observe, raconte, s'interroge. Une migration à la fois physique et spirituelle, aux allures de pélerinage.De la place Rouge à Tchékhov, de la dictature stalinienne à la terrible beauté sibérienne en passant par Nijni-Novgorod, Irkoutsk et le fleuve Amour, Dominique Fernandez invoque écrivains et penseurs, Gautier, Dumas, Gorki, Tolstoï. Et, en toile de fond, persistante, l'ombre inquisitrice du passé soviétique.


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21,50€ > 20,42€

mercredi 30 novembre 2011

Cendrars en couleurs

Blaise Cendrars & Sonia Delaunay
La prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France
Paris, PUF, 2011. 88 pages, 17,9 x 25,9 cm, relié.

Le « Premier Livre simultané », dont voici le fac-similé, est l’histoire d’un adolescent qui se hisse à bord d’un poème illuminé par les sept couleurs de l’arc-en-ciel, en partance pour le multiple voyage de sa mémoire vers l’âge d’homme. On monte avec lui dans son transsibérien pour suivre son devenir à travers les tourments terrestres et les interrogations de l’âme. Blaise Cendrars adresse cette invitation à chaque lecteur: À toi, « ...ce livre qui tient à tout mon être ».

L’introduction de Miriam Cendrars évoque la réception mouvementée de l’œuvre originale, témoin d’un turbulent renouveau des arts. Après la vision « simultanée » des paroles de Cendrars dans leur particulière typographie, alliées aux couleurs qu’elles inspirent à Sonia Delaunay (1913), on lira la version de 1919, également reproduite ici, qui, « dédiée aux musiciens », appelle à tendre l’oreille aux sonorités, aux cadences et aux vibrations de la voix intérieure du poète.
Fille de Blaise Cendrars, elle-même écrivain et journaliste, Miriam Cendrars s'emploie à garder vivant le souvenir de l'oeuvre et de la personnalité de son père, mort en 1961. Elle a publié entre autres Blaise Cendrars. La vie, le verbe, l'écriture (Denoël).

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mercredi 16 novembre 2011

Voyage culturel chez les Avars

Vladimir Bobrovnikov
Voyage au pays des Avars
Paris, Editions Cartouche, 2011. 185 pages, 12,5 x 20 cm, broché..

Une légende tenace attribue la création du Daghestan à une facétie divine : croyant en avoir terminé avec la distribution de leur langue à chacun des peuples de la Terre et s'apercevant avec dépit que le Daghestan n'avait pas été servi, Dieu, pressé d'en finir, vida le fond de son sac au-dessus des montagnes de ce pays qui, oublié par son créateur, commençait bien mal. De fait, les cent groupes ethniques répartis sur une zone à peu près équivalente à la région Midi-Pyrénées, parlent tous leur propre langue. Pour se comprendre, ils s'expriment en russe.
Les Avars, qui forment le principal groupe de cette Tour de Babel montagneuse et dont le territoire était autrefois très fréquenté par les touristes de toute l'URSS, ne sont plus visités que par d'excentriques chercheurs depuis que les deux guerres russo-tchétchènes ont mis cette partie du Caucase à feu et à sang.
L'auteur est un de ces chercheurs. Il travaille sur le sujet depuis 1992 et a parcouru le pays des Avars à pied, en stop, en bus et à dos d'âne pour recueillir inscriptions antiques, anecdotes, témoignages oraux, poussant ses investigations jusqu'en Turquie et en Azerbaïdjan où vivent quelques communautés de ce peuple musulman à propos duquel courent de multiples légendes guerrières.
Chargé de recherches à l'Institut des études orientales de l'Académie des sciences de Russie, Vladimir Bobrovnikov est historien, ethnologue et orientaliste. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et articles en russe, anglais et français.

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12 € > 11,40 €

lundi 12 septembre 2011

Manuel de survie franco-russe par Sylvain Tesson

Sylvain Tesson
Ciel mon Moujik ! Manuel de survie franco-russe
Paris, Chiflet & Cie, 2011. 124 pages, 12,5 x 17,7 cm, broché. - 9782351641392

Sylvain Tesson a voyagé pendant vingt ans à pied, à cheval, en canot et en side-car aux quatre coins de la Russie. Il a vécu dans une cabane en pleine taïga et a connu l'hiver en Yakoutie. Amoureux des mots, ce slavophile a remarqué au cours de ses pérégrinations que le vocabulaire russe contenait des mots venus de la langue française. Il les a consignés un à un et nous en donne ici un florilège organisé en thématiques : la guerre, l'amour, les arts, la politique, les faux amis...
Ce livre permettra au lecteur immobile de voyager autour de son samovar et au touriste de se tirer de toutes les situations, même les plus délicates, et si les hasards de la vie vous conduisent à survivre à un crash aérien quelque part dans la steppe, voici comment narrer votre déconvenue aux secouristes : " Pilôt niékompétentniy ! Mékhanik problèma ! Motor kapout ! Sabôtaj ! Déflagratsia ! Avariâ ! Apokalyps ! Katastrôf ! Kataklysm ! Kochmâr ! Aviatsionaïa kompania : Mafia ! " Etôniant, niet ?
Sylvain Tesson, né en 1972, est notamment l'auteur de Une vie à coucher dehors (Gallimard, Goncourt de la nouvelle 2009) et de Petit traité sur l'immensité du monde (Équateurs).

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lundi 23 mai 2011

Des dictionnaires insolites !

Catherine Alexeïev
Dictionnaire insolite de la Russie
Paris, Cosmopole, 2011. 176 pages, 17 x 12 cm, broché. - 9782846300599

La Russie est un monde à part. Une langue, une culture, une histoire si particulières que le dépaysement est total. De ce pays, on connaît le caviar et la vodka, la place Rouge et l’Ermitage, Raspoutine et Lénine, les icônes et les samovars, le froid et la steppe, les tsars et les bolcheviks... Mais c’est aussi le pays des crèmes glacées et des fleurs à offrir en toute occasion ; une terre où Napoléon n’a pas laissé que de mauvais souvenirs et où, sur les bords de la Neva, on aperçoit parfois en plein hiver des morses d’un genre particulier !

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Jean Baffie
Dictionnaire insolite de la Thaïlande
Paris, Cosmopole, 2011. 160 pages, 17 x 12 cm, broché. - 9782846300605

La Thaïlande est restée très exotique, malgré le nombre de voyageurs qu’elle accueille. Mais les stéréotypes ne sont jamais loin quand on évoque le « pays du sourire » : les massages, le pont de la rivière Kwai ou la boxe thaïe… Ce dictionnaire insolite apprendra plutôt qu’il faut cesser de manger la cuisine thaïe avec des baguettes, que certains gestes peuvent être mal interprétés, que la discrétion est le maître mot, que le Red Bull est à l’origine une boisson thaïe, et que les chanteurs coréens y sont très populaires !

Commander 10 € > 9,50 €

lundi 2 mai 2011

Deux Français, deux Russes, deux 4x4 rustiques

Jean Lallouët & Serge Vincenti
De Brest à Vladivostok. 15 000 kilomètres à travers l'Eurasie
Brest, Géorama, 2011, 196 pages, 22 x 22 cm, broché. - 9782915002416

Deux Français, deux Russes, deux 4x4 rustiques ; deux villes, Brest et Vladivostok, qu’un immense continent sépare mais que l’Histoire rapproche… Voilà l’équation de départ d’une aventure rêvée par Michel Salaün, président-fondateur de Salaün-Holidays, grand voyageur passionné par la Russie. La réalité sera à la hauteur du rêve. En 40 jours, les deux équipages vont tracer une route de 15 000 km à travers le continent eurasien. 40 jours de découvertes et de rencontres ; 15 000 kilomètres balisés par des moments forts : l’entrée – un peu laborieuse – en terre russe, la douceur d’une journée d’été à Novgorod ; le passage de l’Oural ; les pistes infernales de Kansk à Irkoutsk ; le lac Baïkal, magique et envoûtant, revivifiant comme un bain de jouvence ; le passage symbolique en Asie ; ces routes sibériennes qui courent après des horizons toujours fuyants. Et, enfin, Vladivostok, le Pacifique…
Ce livre est le carnet de route de cette longue navigation routière, tenu au jour le jour par Jean Lallouët et Serge Vincenti. Il ne raconte pas un exploit sportif. Il raconte un pays immense, il raconte les Russes, à la fois rudes et sensibles, libres et soumis… Avec une curiosité sympathique et un étonnement admiratif. L’âme russe, aussi, est immense.

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lundi 18 avril 2011

Exploration patiente de Vladivostok

Cédric Gras
Vladivostok. Neiges et moussons
Paris, Phébus, 2011. 200 pages, 14 x 20,5 cm, broché. - 9782752905048

Lorsque Cédric Gras, irrésistiblement attiré par les confins du monde, descend du Transsibérien fantasmé par tant de voyageurs, en réalité sept jours dans l’inconfort depuis Moscou, bercé par des paysages uniformes de bouleaux, et découvre Vladivostok, il est déçu de ne pas trouver la ville imaginée. « Vladivostok, c’est un marais à l’eau salée et à l’air vicié. On a beau être dans le plus grand pays du monde, on n’en reste pas moins prisonnier de cette péninsule à la pointe difforme ». Cette désillusion initiale ainsi que la délicate prise de fonctions de ce jeune universitaire et diplomate ne compromettent pas l’élan qui guide son exploration patiente de la ville et la découverte de ses habitants. La fascination grandit, saison après saison. Celles-ci scandent les temps forts du récit : le festival de cinéma en été, sorte de festival de Cannes de seconde zone, l’arrivée brutale de l’hiver, le 1er de l’an arrosé de vodka, la fonte des glaces et la mousson. Cédric Gras a à coeur de comprendre la région et, avec finesse et vivacité, il donne à voir sa géographie, les rêves de sa population, notamment étudiante, et ses relations avec le reste du monde : Moscou le pôle d’attraction, la Chine voisine et redoutée, la Corée du Nord insondable, le Japon des affaires, mais aussi l’« Eldorado » américain que beaucoup aimeraient rejoindre.

Commander 17 € > 16,15 €

samedi 5 mars 2011

La toundra humide et les plaines glacées

Olivier Rolin
Sibérie
Paris, Inculte, 2011. 96 pages, 16,5 x 20 cm, broché. - 9782916940519

Olivier Rolin ressent depuis toujours l’urgence des contrées de l’Est. Amoureux de la Sibérie, voyageur impénitent de ce continent sans limite, il a récemment arpenté la toundra humide et les plaines glacées de cette lointaine contrée. Sibérie est le récit fragmenté de cette découverte perpétuelle, de ce voyage linéaire vers un ailleurs presque inatteignable. Par son départ en Transsibérien à la découverte des restes du goulag de la Kolyma ou par son détour vers le pôle Nord en compagnie d’un groupe de milliardaires désœuvrés, il nous dévoile une Sibérie à l’immensité sublime, un pays en déliquescence vivant dans l’ombre du passé communiste.
"Fleuves géants, déserts glacés, taïga sans limites, températures extrêmes : en Sibérie, la géographie n’y va pas de main morte. L’Histoire non plus, qui en a fait la terre des bagnards et des déportés, l’un des noms du malheur au XXe siècle. On peut pourtant trouver un charme secret à cette partie du monde que désigne assez bien le vieux mot de solitudes, et qui est comme le grand large sur terre. C’est mon cas. Les chroniques ici réunies témoignent à leur façon d’une inclination contre-nature..." O.Rolin.
Olivier Rolin est l’auteur, notamment, de L’Invention du monde (1993), Port-Soudan (1994), Tigre en papier (2002), Un chasseur de lions (2008), Bakou, derniers jours (2010). Bric et Broc vient de paraître aux éditions Verdier.

Commander 13,90 € > 13,20 €

lundi 22 mars 2010

Un voyageur nommé Balzac

Honoré de Balzac
Russie-Express
Paris, Nicolas Chaudun, 2010. 160 pages, 10 x 16 cm, broché.- ISBN : 9782350390857

C'est à une véritable course contre la montre à laquelle se livre Honoré de Balzac. En libre précurseur de Phileas Fogg, il entreprend de démontrer que l'on peut se rendre de Paris à Berditchev, en Ukraine, en 6 jours. Ce récit en consigne l'aventure, émaillée de ses colères et de remarques savoureuses où il se gausse des Anglais, de l Allemagne, « le pays le plus tire-laine que je sache », de Berlin, « capitale de l'ennui » qui « a l'air d un dictionnaire », de lui-même, des Français...

Grand pourfendeur et pasticheur de récits de voyage, Balzac n'aura écrit d'authentique que celui-ci. Mais si sa plume se fait aussi véloce que les trains et les malles-poste qu'il emprunte et aussi cinglante que le fouet de ses cochers, c'est pour mieux dissimuler le véritable motif de son voyage : l'amour de la belle comtesse Hanska.

Commander 8 € > 7,60 €

vendredi 19 février 2010

Voyage au pays des Nenets, derniers nomades du Grand Nord sibérien

Astrid Wendlandt
Au bord du monde. Une vagabonde dans le grand Nord sibérien
Paris, Robert Laffont, 2010. 280 pages, 14 x 22 cm, broché. - ISBN: 9782221114360


Aimantée par les royaumes de Borée, Astrid Wendlandt est allée explorer la fin du monde connu, le Grand Nord sibérien. Cette Franco-Canadienne, qui a passé son enfance bercée par les contes des Inuits d'Amérique, a voulu partir en quête de leurs lointains cousins asiatiques : les Nenets.
La culture inuit a été dissoute dans le whisky, le cholestérol et la social-démocratie. Comment les Nenets survécu de leur côté aux tyrannies des tsars, aux collectivisations forcées et à l'anarchie qui a suivi l'effondrement du régime communiste ? Pourquoi et comment n'ont-ils pas encore été engloutis par la modernité ?
Touchée dès le premier abord par la force de vie de ce peuple, l'auteur a décidé d'approfondir son enquête. Certes la folie des grandeurs soviétique a cherché à coloniser ces terres sauvages : les prisonniers des camps ont construit villes, routes et chemins de fer menant au bord du monde, au précipice. Le contraste aujourd'hui est saisisant entre les Russes sédentaires dans leur far west dégénéré de villes en tôles ondulées et la vigueur des Nenets toujours en route dans les grands espaces.
Ces nomades, dont l'auteur a partagé la vie de longs mois durant, vivent un quotidien d'un autre âge organisé autour du tchoum, leur tente en peau de renne. Été comme hiver, ils suivent les transhumances de leurs troupeaux de rennes. La générosité, la simplicité de ce peuple, ses croyances et ses coutumes ancestrales laissent à penser avec émotion qu'il reste quelques endroits sur terre où la beauté, la magie et le sacré sont encore à portée de main.

Franco-canadienne, Astrid Wendlandt, née en 1973, a été correspondante pour le Moscow Times avant de rejoindre la rédaction du Financial Times à Londres puis à Moscou. Depuis 2004, elle est journaliste à l'agence Reuters à Paris. Au bord du monde est son premier livre.

Commander 20 € > 19 €

samedi 12 septembre 2009

Voyage dans la seule nation bouddhiste d'Europe

Simon Roger
Voyage au pays des Kalmouks (Russie du Sud, début du XXIe siècle)
Paris, Cartouche, 2009. 190 pages, 13 x 20 cm, broché. - ISBN: 9782915842456.

Aux confins orientaux de l'Europe, coincée entre la Russie orthodoxe et les enclaves musulmanes du Caucase, la République autonome de Kalmoukie cultive sa différence de nation... bouddhiste. A sa tête, un énigmatique président milliardaire, qui fut jadis champion international d'échecs, gouverne depuis son palais monumental et vide. En atterrissant chez ces anciens nomades descendants des tribus mongoles de Gengis Khan, l'auteur était résolu à découvrir la steppe kalmouke et son potentiel touristique, à rencontrer un harde passé maître dans le chant diphonique et à s'entretenir avec le président de la seule entité nationale bouddhiste d'Europe, qui tente de faire de sa capitale le centre planétaire des échecs.

Commander 12 € > 11,40 €

samedi 22 août 2009

"Connaissance de l'Est" d'Ella Maillart

Ella Maillart
Envoyée spéciale en Mandchourie
Genève, Zoé, 2009. 144 pages, 14 x 21 cm, broché. - ISBN: 9782881826511

« Les filles sont de lamentables et hagardes épaves, en pull-overs déformés, qui dansent entre elles sur le sol de briques. Les consommateurs, s'ils racontaient à Paris l'histoire de leur vie, feraient pâlir d'envie le plus extravagant des scénaristes de films d'aventures. Mais ici les faits sont dépouillés et simples, comme seule la réalité sait les façonner. » C'est en 1934 qu'Ella Maillart (1903-1997) voyage en Mandchourie avec sa plume et son Leica. Elle est l'envoyée spéciale du Petit Parisien au Mandchoukouo, empire récemment créé par les Japonais. Son regard de « blanche » observe ici avec humour, là avec perspicacité, les haines de races, la modernisation galopante d'une région, les enjeux de pouvoir entre Japonais, Chinois, Mandchous et Russes. Toujours avec elle priment les faits, « dépouillés et simples ».
Ce voyage, où Peter Fleming la rejoint, est le prélude à leur long périple raconté dans Oasis interdites.

Commander 16 € > 15,20 €

mardi 2 juin 2009

Vivre parmi les Lapons du grand nord russe

Mariusz Wilk
Dans les pas du renne

Paris, Noir sur Blanc, 2009. 215 pages, 15 x 23 cm, broché. - ISBN: 9782882502209

Avide de découvrir la vie du peuple mystérieux des Saamis - ou Lapons -, Mariusz Wilk a séjourné parmi eux sur la presqu'île de Kola, dans le Grand Nord russe. Assoiffé de rencontres et de découvertes, il raconte son arrivée dans la ville de Lovoziéro, ses explorations de la toundra et des montagnes environnantes, et ses longues marches guidées par les pâtres de rennes. Il mêle à ses réflexions des détails sur la vie quotidienne des Saamis, sédentarisés de force par le pouvoir soviétique, et leurs tentatives de préserver malgré tout leurs traditions, leur mythologie et leurs croyances chamanistes.

Pour illustrer leur riche imaginaire, l'auteur va jusqu'à nous rapporter une légende saami, Le Conte de la piste écarlate. Les rennes sauvages sont une véritable clé pour comprendre l'âme saami. En suivant leurs traces, Wilk se fraie son propre chemin, cette voie que chacun doit découvrir pour soi-même. L'écrivain voyageur s'aventure dans les antichambres de l'autre monde, dans des paysages qui recueillent les rêves de la Terre, où l'on partage ses propres rêves avec le frère renne.

Opposant politique en Pologne à la fin des années 1970, Mariusz Wilk (né en 1955) a été emprisonné pendant " l'état de guerre ". En 1989, il part vivre en Russie, d'abord dans les îles Solovki puis, dix ans plus tard, sur les bords du lac Oniégo. II a déjà publié plusieurs récits de voyage, Le journal d'un loup (1999) et La maison au bord de l'Oniégo (2006).

Commander 19 € > 18,05 €

lundi 18 mai 2009

"Voyage à Arzroum", enfin traduit en français

Alexandre Pouchkine
Voyage à Arzroum
Paris, Ombres, 2009. 160 pages, 12 x 16,8 cm, broché. - ISBN: 9782841421848.

Le 1er mai 1829, Pouchkine entreprit sans autorisation un voyage de près de trois mille kilomètres pour rejoindre l'armée russe qui se préparait à occuper le nord-est de la Turquie et assiéger Arzroum (Erzurum, la capitale de l'ancien royaume d Arménie). Il traverse en calèche, à cheval et à pied la Russie, puis le Caucase, dans des conditions difficiles, mais pour l'aristocrate qu'il est rien n'est plus sain que de passer la nuit sous une tente. 

Sa témérité est étonnante, car il n'hésite pas à voyager seul parmi une population souvent hostile, comme les Tchétchènes. Dans un accès de bravoure insensée, il se précipite en première ligne au devant de la cavalerie turque lors d'une bataille. Ses descriptions de Tbilissi, de ses bains publics, de la population arménienne de Turquie, du harem d'Erzurum, d'où il va devoir partir parce que la peste s'y est déclarée, sont passionnantes. 

Ce livre introuvable en français fait ici l'objet d'une nouvelle traduction, avec les variantes, les passages rayés par la censure et les brouillons, des lettres et des poèmes concernant ce voyage, les réactions des autorités à son retour, ainsi qu'un important appareil critique.

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mardi 28 avril 2009

Sur les traces du communisme en Russie

Anne Brunswic
Les eaux glacées du Belomorkanal
Arles, Actes Sud, 2009. 284 pages, 11,5 x 21,5 cm, broché. - ISBN: 9782742782147

Dans les eaux glacées du Belomorkanal (le canal de la mer Blanche) se reflète une époque glorieuse et douloureuse. Edifié en 1931-1933 par une armée de bagnards, cet ouvrage, qui reçut le nom de " canal Staline ", fut aussitôt élevé au rang de mythe par la littérature, la photographie et le cinéma. Une preuve de " la vérité du communisme ", s'exclamait Gorki, enthousiaste de la rééducation des prisonniers. Une preuve de son caractère génocidaire, répliquèrent les adversaires du régime, dénonçant un chantier aussi gigantesque qu'inutile. 

Puis le canal sombra dans l'oubli. Seuls les habitants de la Carélie russe se soucient encore aujourd'hui de cette voie de communication qui, après une décennie moribonde, reprend un peu d'activité depuis 2002. 

Entre 2006 et 2007, Anne Brunswic parcourt cette région, visite le canal pour autant que les autorités le lui permettent, séjourne dans des villes et des villages où la mémoire du passé soviétique reste très présente. Elle multiplie les rencontres avec les habitants, Russes et Caréliens, et recueille le témoignage de gens de toutes opinions, de croyants, de militants de la mémoire des camps, de communistes encore convaincus. Carnet de voyage, enquête historique, chronique géopoétique, Les Eaux glacées du Belomorkanal incite à comprendre ce que fut le communisme pour ceux qui l'ont vécu, quelles cicatrices il laisse après lui, mais aussi ce qui reste des rêves qu'il a suscités.

Depuis 2003, Anne Brunswic a voyagé en Palestine, en Russie et en Bosnie. Ses reportages ont été accueillis dans La Pensée de midi, La Lettre internationale, Le Journal des lointains et sur la Radio Suisse romande. A Paris, elle partage son temps entre l'enseignement, la critique de cinéma et l'écriture. Derniers livres parus : Bienvenue en Palestine, chroniques d'une saison à Ramallah (Actes Sud, 2004 et Babel numéro 755), prix RFI Témoin du monde 2004, et Sibérie, un voyage au pays des femmes (Actes Sud, 2006).

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